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Qu'est-ce que la dyslexie ? Le guide simple pour les parents

La dyslexie est une difficulté fréquente et durable à lire et à écrire les mots. Elle n'a rien à voir avec l'intelligence ni avec la vue, et elle progresse avec un enseignement adapté. Voici ce que dit réellement la recherche.

Mis à jour le

En bref

Comment les chercheurs définissent-ils la dyslexie ?

La dyslexie est un trouble spécifique des apprentissages : une personne a des difficultés inhabituelles à lire et à orthographier les mots avec précision et fluidité, malgré un enseignement adapté et sans rapport avec ses capacités générales. Son noyau est le plus souvent une faiblesse dans le traitement des sons de la parole à l'intérieur des mots, ce qui rend l'association des lettres et des sons lente et coûteuse. La dyslexie est en grande partie héréditaire, durable et dimensionnelle : elle va de légère à sévère au lieu d'être simplement présente ou absente.

  • Dans une méta-analyse d'études de prévalence, environ 7 % des enfants d'école primaire présentaient une dyslexie développementale.
  • La difficulté sous-jacente la plus constante est phonologique : percevoir et manipuler les sons des mots.
  • La dyslexie est souvent familiale ; de nombreux gènes ont chacun un petit effet, il n'existe pas de « gène de la dyslexie ».
  • Ce n'est pas un problème de vue et ce n'est pas lié à l'intelligence.
  • L'enseignement phonique systématique a montré le bénéfice le plus constant dans les essais contrôlés.
  • ≈7 %

    des enfants d'école primaire présentaient une dyslexie développementale dans une méta-analyse d'études de prévalence1

  • ≈45 %

    des enfants ayant des antécédents familiaux de dyslexie sont devenus eux-mêmes dyslexiques, selon une méta-analyse2

Définition de la dyslexie en termes simples

La dyslexie est une difficulté à apprendre à lire et à écrire les mots correctement et avec fluidité. Un enfant dyslexique peut très bien comprendre une histoire qu'on lui lit, s'exprimer avec un vocabulaire riche et résoudre vite des problèmes, tout en trouvant lent et épuisant le déchiffrage des mots sur la page.

Les chercheurs décrivent aujourd'hui la dyslexie comme dimensionnelle. La capacité de lecture varie de façon continue chez tous les enfants, comme la taille, et la dyslexie se situe à l'extrémité basse de cette échelle pour la lecture et l'orthographe des mots. C'est pourquoi il n'y a pas de frontière nette entre être dyslexique ou non, pourquoi les difficultés vont de légères à sévères, et pourquoi les professionnels regardent l'ensemble du tableau plutôt qu'un seul score.

La dyslexie est aussi durable. Les enfants dyslexiques apprennent à lire, souvent bien, surtout avec un bon enseignement, mais la lecture et l'orthographe restent en général plus coûteuses que pour leurs camarades. Beaucoup d'adultes lisent correctement mais lentement, et l'orthographe reste difficile.

L'Organisation mondiale de la santé classe la dyslexie parmi les troubles développementaux des apprentissages, avec déficit en lecture (code CIM-11 6A03.0 ; dans l'ancienne CIM-10, F81.0). En France, on parle aussi de « trouble spécifique du langage écrit » ou, plus largement, de « troubles dys ». Les mots changent d'un pays à l'autre, mais ils décrivent le même profil.3,4,5,6

Quelles sont les causes de la dyslexie ?

La plupart des enfants dyslexiques ont une faiblesse du traitement phonologique : repérer, garder en tête et modifier les sons qui composent les mots parlés. Lire, c'est associer des lettres et des groupes de lettres à ces sons ; quand les sons eux-mêmes sont difficiles à saisir, l'apprentissage du code lettres-sons est lent. La conscience phonologique est l'un des meilleurs prédicteurs de la facilité avec laquelle un enfant apprend à lire.

La dyslexie est en grande partie héréditaire. Elle est souvent présente dans plusieurs générations d'une même famille, et les études génétiques pointent vers de nombreux gènes à petit effet plutôt qu'un seul gène. Les gènes influencent la façon dont le cerveau se développe pour le langage, et l'environnement de l'enfant (la quantité de conversations, de lectures et d'enseignement qu'il reçoit) influence la façon dont cela se traduit.

Concrètement, les études d'imagerie cérébrale montrent que le réseau de zones de l'hémisphère gauche qui relie l'écrit aux sons de la parole fonctionne, en moyenne, différemment chez les personnes dyslexiques. C'est une différence dans la façon dont le cerveau s'organise pour une compétence que l'humanité n'a inventée qu'il y a quelques milliers d'années ; ce n'est pas une lésion, et cela ne dit rien de l'intelligence.

Les chercheurs s'accordent aussi sur un point : la dyslexie a rarement une cause unique. Le modèle des déficits multiples la décrit comme le résultat de plusieurs petits facteurs de risque qui s'additionnent, ce qui aide à comprendre pourquoi elle s'accompagne souvent d'autres difficultés, comme un TDAH ou des difficultés en mathématiques.3,7,8,4,9

La dyslexie est-elle fréquente ?

La dyslexie fait partie des difficultés d'apprentissage les plus fréquentes. Une méta-analyse de 2022, qui a regroupé des études de prévalence de nombreux pays, estime qu'environ 7 % des enfants d'école primaire présentent une dyslexie développementale. Comme la lecture est une capacité dimensionnelle, le chiffre exact d'une étude dépend du seuil choisi ; vous verrez donc circuler d'autres chiffres.

Les antécédents familiaux sont le facteur de risque le plus fort que l'on connaisse. Dans une méta-analyse portant sur des enfants dont un parent ou un frère ou une sœur était dyslexique, environ 45 % sont devenus eux-mêmes dyslexiques, et beaucoup montraient déjà, bien avant l'école, des compétences de langage et de traitement des sons plus faibles.

La façon dont la dyslexie se manifeste dépend aussi de la langue. L'orthographe anglaise est très irrégulière, et les enfants dyslexiques y font beaucoup d'erreurs de déchiffrage. Dans les langues à l'orthographe très régulière, comme l'italien ou le finnois, ils lisent souvent correctement mais très lentement. Le français se situe entre les deux : plutôt régulier dans le sens de la lecture, beaucoup moins dans celui de l'écriture, d'où des difficultés d'orthographe souvent tenaces.1,2,10,11

Les types de dyslexie : ce que signifient les étiquettes

On trouve en ligne de nombreuses listes de « types de dyslexie ». Dans la recherche, les deux étiquettes les plus courantes sont la dyslexie phonologique et la dyslexie de surface. Elles décrivent des profils de lecture, pas des troubles distincts, et beaucoup d'enfants présentent un mélange des deux.

Dans la dyslexie phonologique, la difficulté principale est de déchiffrer les mots inconnus : les mots inventés comme « brolu » sont particulièrement difficiles, alors que les mots familiers peuvent être lus de mémoire. Dans la dyslexie de surface, l'enfant sait déchiffrer mais a du mal à mémoriser l'orthographe des mots entiers, si bien que les mots irréguliers comme « femme » ou « monsieur » sont lus comme ils s'écrivent. En pratique, le profil phonologique est de loin le noyau le plus fréquent.

La « dyslexie visuelle » n'est pas reconnue comme un type distinct dans la littérature scientifique. Certains enfants signalent un inconfort visuel, et un examen de la vue est toujours judicieux si le texte semble flou ou semble bouger, mais les données désignent les sons de la parole et l'orthographe, et non la vue, comme le cœur de la dyslexie. Les filtres et verres colorés vendus pour la « dyslexie visuelle » ne reposent sur aucune preuve solide. D'autres termes, comme la « dyslexie acquise », désignent une perte de la lecture après une lésion cérébrale chez l'adulte, une situation différente de la dyslexie développementale dont parle ce site.4,12,13,3

Les types de dyslexie dont vous pouvez entendre parler, et ce qu'en disent les données
ÉtiquetteCe qu'elle décritStatut
Dyslexie phonologiqueDéchiffrer des mots nouveaux ou inventés est le plus difficileTerme de recherche pour le profil le plus fréquent
Dyslexie de surfaceRetenir l'orthographe des mots irréguliers est le plus difficileTerme de recherche ; souvent mêlé au profil phonologique
Difficulté de dénomination rapideLenteur à nommer des choses familières (couleurs, lettres) ; lecture lenteLiée à la fluidité de lecture ; souvent décrite comme un sous-groupe
« Dyslexie visuelle »Lettres qui bougeraient, danseraient ou s'inverseraientPas un type distinct reconnu ; les filtres colorés manquent de preuves
Dyslexie acquisePerte de la lecture après une lésion cérébrale chez une personne qui savait lireUn trouble différent de la dyslexie développementale

Dyslexie : idées reçues et réalités

Parce que la dyslexie est fréquente et souvent mal comprise, beaucoup de ce qui circule à son sujet est faux. Voici les idées reçues que les parents rencontrent le plus souvent.3,4,14,15,13,16

Idées reçues sur la dyslexie et ce que montre la recherche
Idée reçueRéalité
Être dyslexique, c'est voir les lettres à l'envers.Confondre b et d est fréquent chez tous les jeunes lecteurs. La dyslexie est surtout une difficulté avec les sons de la parole et l'orthographe, pas avec la forme des lettres.
Les enfants dyslexiques sont moins intelligents.La dyslexie existe à tous les niveaux d'aptitude. Les définitions actuelles ne dépendent pas du QI.
La dyslexie passe en grandissant.La dyslexie est durable, mais la lecture progresse beaucoup avec un enseignement adapté.
Les polices spéciales dyslexie facilitent la lecture.Les études sur OpenDyslexic et Dyslexie n'ont trouvé aucun gain de vitesse ni de précision. Le choix de la police est une question de confort.
Les filtres colorés règlent la dyslexie.Une revue systématique n'a trouvé aucune preuve solide que les filtres ou les verres teintés aident à lire.
On ne peut pas repérer une dyslexie avant 8 ans.Des signes précoces, comme une faible conscience des sons, une dénomination lente et un apprentissage lent des lettres, sont visibles avant l'apprentissage formel de la lecture.

Ce qui aide vraiment en cas de dyslexie

Dans les essais contrôlés randomisés menés auprès d'enfants et d'adolescents en difficulté de lecture, l'enseignement phonique systématique est la seule approche qui a montré un effet statistiquement significatif. Cela veut dire un enseignement explicite, pas à pas, des lettres qui écrivent chaque son, un entraînement à fusionner les sons en syllabes et en mots, et beaucoup de lecture de mots qui n'utilisent que ce qui a déjà été appris. C'est le principe de l'enseignement structuré de la lecture.

Savoir déchiffrer un mot nouveau est essentiel, parce que cela permet à l'enfant d'apprendre seul : chaque mot déchiffré avec succès devient plus facile à reconnaître la fois suivante. Des séances courtes et fréquentes, avec des révisions réparties sur plusieurs jours, fonctionnent mieux que de longues séances occasionnelles. Des listes de mots qui progressent pas à pas, d'abord des syllabes simples comme « ma » ou « lu », puis des sons plus complexes comme « ou », « ch » ou « on », rendent cet entraînement facile à organiser à la maison.

Certaines choses se vendent très bien sans preuve d'efficacité : les filtres colorés, les polices dyslexie ou l'entraînement de la dénomination rapide seule. Les programmes vendus sous le nom Orton-Gillingham n'ont pas montré d'effet statistiquement significatif sur les compétences de base dans une méta-analyse, même si leurs principes d'enseignement explicite et progressif restent valables.

Si vous vous demandez si votre enfant présente des signes, consultez notre liste des symptômes de la dyslexie selon l'âge et parlez-en à son enseignant ou à votre médecin. Un dépistage ne permet pas de poser un diagnostic ; notre guide sur le diagnostic de la dyslexie explique en quoi consiste le bilan complet.17,18,19,12,20

Un entraînement quotidien à la lecture dans votre navigateur

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  • Les jeux de lecture existent dans les six langues du site, chacun écrit pour l'orthographe de sa langue et non traduit. Les jeux visuels et de mémoire fonctionnent dans toutes les langues.
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Questions fréquentes

La dyslexie est-elle un trouble des apprentissages ?

Oui. La dyslexie est un trouble spécifique des apprentissages (on parle souvent en France de trouble « dys ») qui touche surtout la lecture et l'orthographe des mots. Ce n'est pas une difficulté d'apprentissage globale : un enfant dyslexique peut être très à l'aise dans d'autres domaines.

Peut-on guérir de la dyslexie ?

La dyslexie est durable : elle ne disparaît pas. Mais la lecture et l'orthographe peuvent beaucoup progresser grâce à un enseignement explicite et systématique et à un entraînement régulier, et de nombreuses personnes dyslexiques deviennent des lecteurs à l'aise.

La dyslexie est-elle génétique ?

La dyslexie est en grande partie héréditaire et souvent familiale. De nombreux gènes ont chacun un petit effet ; il n'existe pas de gène unique de la dyslexie, et les antécédents familiaux augmentent le risque sans décider de l'issue.

La dyslexie est-elle liée au TDAH ou à la dyscalculie ?

Ce sont des troubles distincts, mais ils vont souvent ensemble. Les difficultés de lecture et le TDAH coexistent plus souvent que le hasard ne le voudrait, tout comme les difficultés de lecture et de calcul. Notre page sur la dyslexie et la dyscalculie explique la différence.

Qu'est-ce qu'on ressent quand on est dyslexique ?

La plupart des personnes dyslexiques voient les lettres normalement. La lecture est lente et fatigante parce que chaque mot doit être reconstruit, son par son, au lieu d'être reconnu d'un coup d'œil. Beaucoup décrivent la sensation de lire dans une langue étrangère que l'on maîtrise mal.

Sources

  1. Yang L, Li C, Li X et al. (2022). Prevalence of developmental dyslexia in primary school children: a systematic review and meta-analysis. Brain Sci, 12(2), 240.
  2. Snowling MJ, Melby-Lervåg M (2016). Oral language deficits in familial dyslexia: a meta-analysis and review. Psychol Bull, 142(5), 498-545.
  3. Snowling MJ, Hulme C, Nation K (2020). Defining and understanding dyslexia: past, present and future. Oxf Rev Educ, 46(4), 501-513.
  4. Peterson RL, Pennington BF (2012). Developmental dyslexia. Lancet, 379(9830), 1997-2007.
  5. World Health Organization. ICD-11 for Mortality and Morbidity Statistics, 6A03 Developmental learning disorder: 6A03.0 with impairment in reading, 6A03.2 with impairment in mathematics.
  6. World Health Organization. ICD-10 (2019), F81.0 Specific reading disorder.
  7. Melby-Lervåg M, Lyster SA, Hulme C (2012). Phonological skills and their role in learning to read: a meta-analytic review. Psychol Bull, 138(2), 322-52.
  8. Erbeli F, Rice M, Paracchini S (2021). Insights into dyslexia genetics research from the last two decades. Brain Sci, 12(1), 27.
  9. Pennington BF (2006). From single to multiple deficit models of developmental disorders. Cognition, 101(2), 385-413.
  10. Ziegler JC, Goswami U (2005). Reading acquisition, developmental dyslexia, and skilled reading across languages: a psycholinguistic grain size theory. Psychol Bull, 131(1), 3-29.
  11. Seymour PHK, Aro M, Erskine JM (2003). Foundation literacy acquisition in European orthographies. Br J Psychol, 94(2), 143-74.
  12. Norton ES, Wolf M (2012). Rapid automatized naming (RAN) and reading fluency: implications for understanding and treatment of reading disabilities. Annu Rev Psychol, 63, 427-52.
  13. Griffiths PG, Taylor RH, Henderson LM, Barrett BT (2016). The effect of coloured overlays and lenses on reading: a systematic review of the literature. Ophthalmic Physiol Opt, 36(5), 519-44.
  14. Wery JJ, Diliberto JA (2017). The effect of a specialized dyslexia font, OpenDyslexic, on reading rate and accuracy. Ann Dyslexia, 67(2), 114-127.
  15. Kuster SM, van Weerdenburg M, Gompel M, Bosman AMT (2018). Dyslexie font does not benefit reading in children with or without dyslexia. Ann Dyslexia, 68(1), 25-42.
  16. Ozernov-Palchik O, Gaab N (2016). Tackling the 'dyslexia paradox': reading brain and behavior for early markers of developmental dyslexia. Wiley Interdiscip Rev Cogn Sci, 7(2), 156-76.
  17. Galuschka K, Ise E, Krick K, Schulte-Körne G (2014). Effectiveness of treatment approaches for children and adolescents with reading disabilities: a meta-analysis of randomized controlled trials. PLoS One, 9(2), e89900.
  18. Share DL (1995). Phonological recoding and self-teaching: sine qua non of reading acquisition. Cognition, 55(2), 151-218.
  19. Cepeda NJ, Pashler H, Vul E, Wixted JT, Rohrer D (2006). Distributed practice in verbal recall tasks: a review and quantitative synthesis. Psychol Bull, 132(3), 354-80.
  20. Stevens EA, Austin C, Moore C et al. (2021). Current state of the evidence: examining the effects of Orton-Gillingham reading interventions for students with or at risk for word-level reading disabilities. Except Child, 87(4), 397-417.