Dyslexie et dysorthographie : deux troubles du langage écrit souvent liés
En France, on entend souvent les deux mots ensemble, parfois avec un trait d'union : « dyslexie-dysorthographie ». L'une touche la lecture, l'autre l'orthographe, et elles partagent la même racine. Ce guide explique ce que recouvre chaque terme, pourquoi elles vont si souvent de pair, comment se passe le bilan orthophonique et quelles aides existent à l'école et à la maison.
Mis à jour le
En bref
Quelle différence entre dyslexie et dysorthographie ?
La dyslexie est un trouble spécifique et durable de l'apprentissage de la lecture : déchiffrer et reconnaître les mots reste lent ou peu précis, malgré un enseignement adapté. La dysorthographie est un trouble spécifique de l'orthographe : écrire les mots correctement reste très difficile. Les deux reposent le plus souvent sur la même faiblesse du traitement des sons de la parole, si bien qu'elles apparaissent souvent ensemble. En français, l'orthographe est encore plus difficile que la lecture, et la dysorthographie persiste souvent quand la lecture s'est améliorée.
- La dyslexie touche surtout la lecture des mots, la dysorthographie leur écriture ; les deux coexistent très souvent.
- Leur noyau commun le plus fréquent est une faiblesse phonologique : percevoir et manipuler les sons des mots.
- Le français est plus régulier dans le sens lecture que dans le sens écriture, ce qui rend l'orthographe particulièrement tenace.
- En France, le bilan orthophonique, sur prescription médicale, est l'étape centrale pour identifier un trouble du langage écrit.
- À l'école, un PAP peut lister des aménagements, comme ne pas pénaliser l'orthographe dans les autres matières.
Beaucoup de parents découvrent le mot « dysorthographie » sur un compte rendu de bilan, juste à côté de « dyslexie ». La question vient tout de suite : s'agit-il de deux problèmes différents, d'un problème plus grave, ou simplement de deux façons de nommer la même chose ? La réponse courte : ce sont deux facettes d'un même trouble du langage écrit, qui se manifestent l'une en lecture et l'autre en écriture, et qui se rencontrent très souvent chez le même enfant.
Ce guide s'adresse aux parents et aux enseignants. Il ne remplace pas l'avis d'un orthophoniste, seul à même de dire, après un bilan, si les difficultés d'un enfant correspondent à une dyslexie, à une dysorthographie ou aux deux. Il donne en revanche les repères pour comprendre les mots du bilan et savoir quoi demander.
Dyslexie et dysorthographie : deux troubles du langage écrit
La dyslexie est un trouble spécifique de l'apprentissage de la lecture. L'enfant a des difficultés inhabituelles à déchiffrer les mots et à les reconnaître vite, alors qu'il a été scolarisé normalement, qu'il voit et entend bien, et que ses capacités générales ne sont pas en cause. Les chercheurs la décrivent aujourd'hui comme une difficulté durable de lecture et d'orthographe des mots, qui va de légère à sévère.
La dysorthographie est un trouble spécifique de l'acquisition de l'orthographe. L'enfant peut parfois lire de façon acceptable, mais écrire les mots correctement reste beaucoup plus difficile que pour ses camarades : les erreurs sont nombreuses, durables et ne disparaissent pas avec les exercices habituels de la classe. Un même mot peut être écrit de trois façons différentes dans le même texte.
On parle aussi, en France, de « trouble spécifique du langage écrit » pour désigner l'ensemble, et plus largement de « troubles dys ». L'Organisation mondiale de la santé classe ces difficultés parmi les troubles développementaux des apprentissages : la CIM-11 distingue une forme avec déficit en lecture (6A03.0) et une forme avec déficit de l'expression écrite (6A03.1). Dans l'ancienne CIM-10, encore utilisée sur certains documents, le trouble de la lecture porte le code F81.0 et le trouble spécifique de l'orthographe le code F81.1, ce dernier étant en principe réservé aux difficultés d'orthographe sans trouble de la lecture associé.
Et la dysgraphie ?
La dysgraphie est autre chose : elle concerne le geste d'écriture, c'est-à-dire la forme des lettres, la lisibilité, la lenteur ou la douleur en écrivant. Un enfant peut écrire de façon très lisible et faire beaucoup de fautes (dysorthographie), ou au contraire écrire de façon illisible des mots bien orthographiés (dysgraphie). Les deux peuvent aussi coexister, ce qui explique que les comptes rendus mentionnent parfois plusieurs termes.
Pourquoi la dysorthographie accompagne si souvent la dyslexie
Lire et écrire reposent sur le même code : les correspondances entre les sons de la langue et les lettres qui les représentent. La plupart des enfants dyslexiques ont une faiblesse du traitement phonologique, c'est-à-dire de la capacité à percevoir, retenir et manipuler les sons à l'intérieur des mots. Une méta-analyse de référence a montré que ces compétences phonologiques sont parmi les meilleurs prédicteurs de l'apprentissage de la lecture. Quand le lien entre sons et lettres s'installe mal, la lecture en souffre, et l'orthographe encore davantage.
Il y a une raison simple à cela. Pour lire un mot, on peut s'aider du contexte, de la première syllabe ou de la forme générale du mot. Pour l'écrire, aucune aide de ce genre : il faut retrouver chaque lettre, dans le bon ordre. C'est pourquoi beaucoup d'enfants qui ont fini par lire correctement continuent à faire de nombreuses fautes, et pourquoi on parle si souvent de « dyslexie-dysorthographie » comme d'un tout.
Le cas particulier du français
Les langues européennes ne se valent pas face à la lecture. Les études comparatives montrent que les enfants apprennent à déchiffrer plus vite dans les langues à l'orthographe très régulière, comme le finnois ou l'italien, que dans les langues opaques comme l'anglais ; le français se situe entre les deux. Mais le français a une particularité : il est beaucoup plus régulier dans le sens de la lecture que dans celui de l'écriture. La lettre « o » se lit presque toujours [o], alors que le son [o] peut s'écrire o, au, eau, ô, ot, aud et bien d'autres façons.
À cela s'ajoutent les lettres muettes, les marques grammaticales qui ne s'entendent pas (le -s du pluriel, le -nt des verbes) et les homophones comme vert, verre, vers et ver. Un enfant dont le code sons-lettres est fragile se retrouve donc face à une orthographe qui demande, en plus, une très grande mémoire des mots écrits. C'est l'une des raisons pour lesquelles la dysorthographie est souvent la difficulté la plus tenace chez les élèves dyslexiques francophones.
Les signes de la dysorthographie chez l'enfant
Tous les enfants font des fautes, et l'orthographe française demande des années d'apprentissage. Ce qui doit alerter, ce n'est pas une faute isolée, mais un ensemble d'erreurs nombreuses, persistantes et très en décalage avec le niveau de l'enfant à l'oral. Les orthophonistes distinguent en général plusieurs types d'erreurs :
- Erreurs phonologiques : le mot écrit ne se lit plus comme le mot dit, par exemple « pabier » pour papier, « crocodil » pour crocodile, ou des sons sourds et sonores confondus (t et d, f et v, ch et j).
- Omissions, ajouts ou inversions de lettres et de syllabes : « pati » pour parti, « plafond » écrit « palfond ».
- Erreurs d'orthographe d'usage : le mot est phonétiquement juste mais mal orthographié, comme « bato » pour bateau ou « fam » pour femme, même pour des mots très fréquents.
- Erreurs grammaticales : accords oubliés (« les enfant mange »), confusions entre a et à, et et est, ses et ces, longtemps après leur étude en classe.
- Découpage des mots incorrect : « la vion » pour l'avion, « ilya » pour il y a.
- Grande variabilité : le même mot orthographié différemment d'une ligne à l'autre, une dictée réussie un jour et ratée le lendemain.
- Fatigue et évitement : textes très courts, refus d'écrire, écart important entre les idées exprimées à l'oral et ce qui arrive sur la feuille.
Les erreurs phonologiques sont les plus évocatrices d'un trouble, parce qu'elles montrent que le lien entre les sons et les lettres n'est pas encore solide. Les erreurs d'usage et de grammaire sont fréquentes chez tous les élèves, mais leur nombre et leur persistance comptent. Pour une vue d'ensemble des signes de lecture selon l'âge, voir notre page sur les symptômes de la dyslexie.
Dyslexie et dysorthographie : tableau des différences
| Dyslexie | Dysorthographie | Dysgraphie | |
|---|---|---|---|
| Ce qui est touché | La lecture des mots : déchiffrage, reconnaissance rapide | L'orthographe des mots : écrire les bonnes lettres | Le geste d'écriture : forme, lisibilité, vitesse |
| Exemple typique | Lit « poisson » comme « poison », lit lentement, devine | Écrit « pabier », « bato », « les enfant mange » | Lettres mal formées, écriture lente et douloureuse |
| Origine la plus fréquente | Faiblesse phonologique | Faiblesse phonologique et mémoire de l'orthographe des mots | Difficultés motrices ou de coordination |
| Évolution habituelle | La précision progresse, la vitesse reste souvent faible | Souvent la difficulté la plus durable | Variable ; l'ordinateur peut beaucoup aider |
| Professionnel consulté en France | Orthophoniste (bilan du langage écrit) | Orthophoniste (bilan du langage écrit) | Ergothérapeute ou psychomotricien, selon les cas |
| Aménagements fréquents | Temps supplémentaire, consignes lues, livres audio | Orthographe non pénalisée hors français, correcteur | Ordinateur, photocopies, moins de copie |
Dans la pratique, la colonne dyslexie et la colonne dysorthographie se recouvrent chez la plupart des enfants. Une dysorthographie sans aucune difficulté de lecture existe, mais elle est moins fréquente ; elle se rencontre par exemple chez des enfants qui ont compensé leur lecture grâce à un bon vocabulaire et au contexte, mais qui ne peuvent pas compenser de la même façon à l'écrit.
Le bilan orthophonique de la dyslexie-dysorthographie
En France, l'étape centrale est le bilan orthophonique. Il est prescrit par un médecin, le plus souvent le médecin traitant ou le pédiatre, et il est en partie pris en charge par l'Assurance Maladie, la mutuelle couvrant en général le reste. Les délais pour obtenir un rendez-vous peuvent être longs dans de nombreuses régions : mieux vaut prendre contact tôt, quitte à annuler si les difficultés se résorbent.
Le bilan du langage écrit dure en général plusieurs séances. L'orthophoniste reprend l'histoire du langage, de la scolarité et de la famille, puis fait passer des épreuves étalonnées, c'est-à-dire comparées aux résultats d'enfants du même âge ou de la même classe. On y trouve le plus souvent :
- la lecture de mots fréquents, de mots irréguliers et de mots inventés, pour distinguer le déchiffrage de la mémoire des mots ;
- la vitesse de lecture sur un texte, en temps limité ;
- la compréhension de ce qui est lu, et souvent de ce qui est entendu ;
- des dictées de mots, de mots inventés et de phrases, pour analyser les types d'erreurs ;
- la conscience phonologique, la dénomination rapide d'images ou de couleurs et la mémoire à court terme.
Le compte rendu décrit le profil de l'enfant et indique si les difficultés correspondent à un trouble spécifique du langage écrit. Selon les cas, l'orthophoniste peut conseiller d'autres bilans, comme un bilan neuropsychologique, un examen de la vue ou de l'audition, pour écarter d'autres causes ou préciser le tableau. Les recommandations françaises de parcours décrivent plusieurs niveaux : le médecin de l'enfant et l'orthophoniste en première ligne, puis, pour les situations complexes, des équipes pluridisciplinaires et des centres de référence des troubles du langage et des apprentissages.
On entend souvent qu'il faut « deux ans de retard » en lecture pour parler de dyslexie. Ce critère ancien est discuté : les professionnels regardent surtout la sévérité et la persistance des difficultés malgré un enseignement et une aide adaptés. N'attendez pas que l'écart se creuse pour demander un avis. Notre page sur le diagnostic de la dyslexie détaille les étapes.
Avant le bilan, un repérage peut vous aider à décrire ce que vous observez. Notre test de dyslexie gratuit mesure en quelques minutes les compétences sur lesquelles reposent la lecture et l'orthographe : sons, lettres, déchiffrage et vitesse de dénomination. Il s'agit d'un dépistage, pas d'un diagnostic, mais le profil obtenu peut être montré à l'enseignant et au médecin.
Dyslexie-dysorthographie à l'école : PPRE, PAP et PPS
L'école peut agir avant même le bilan. Le programme personnalisé de réussite éducative (PPRE) est un dispositif pédagogique mis en place par l'équipe enseignante pour un élève en difficulté, sans bilan préalable. Une fois le trouble identifié, le plan d'accompagnement personnalisé (PAP) est le dispositif le plus courant : il est mis en place par le directeur d'école ou le chef d'établissement, sur avis du médecin scolaire, et liste les aménagements pédagogiques dont l'élève bénéficie. Pour les situations les plus sévères, un projet personnalisé de scolarisation (PPS) passe par la MDPH.
Pour un élève dysorthographique, certains aménagements sont particulièrement utiles :
- ne pas pénaliser l'orthographe dans les matières autres que le français, ou évaluer séparément le fond et l'orthographe ;
- réduire la longueur des dictées, ou proposer des dictées à trous centrées sur les mots travaillés ;
- fournir les cours photocopiés ou numériques, pour limiter la copie au tableau ;
- autoriser l'ordinateur avec correcteur orthographique, quand l'élève y est entraîné ;
- accorder du temps supplémentaire pour relire et corriger ;
- valoriser l'expression orale et le contenu des idées.
Pour les examens nationaux comme le brevet ou le baccalauréat, les aménagements font l'objet d'une demande spécifique, même si l'élève a déjà un PAP. Les modalités changent selon les années et les académies : renseignez-vous tôt auprès de l'établissement. Notre page sur les aménagements pour la dyslexie détaille le PAP, le PPS et les démarches.
Aider un enfant dyslexique et dysorthographique à la maison
La recherche sur l'aide aux enfants qui ont des difficultés de lecture est assez claire sur un point : les approches qui ont montré l'effet le plus constant dans les essais contrôlés sont celles qui enseignent de façon systématique les correspondances entre lettres et sons. L'orthographe se travaille sur la même base, en partant des sons et en avançant pas à pas. À la maison, quelques principes simples complètent le travail de l'orthophoniste et de la classe :
- Partir de l'oral : faire découper un mot en syllabes, puis en sons, avant de l'écrire. Un mot qu'on ne sait pas segmenter à l'oral est très difficile à écrire.
- Travailler peu de mots à la fois : quelques mots fréquents par semaine, choisis avec l'enseignant, plutôt qu'une longue liste.
- Répartir les révisions : des séances courtes, revues sur plusieurs jours, s'oublient moins que de longues séances la veille de la dictée.
- Expliquer l'orthographe quand c'est possible : la famille de mots (« lait » et « laitier », « grand » et « grande ») aide à retenir les lettres muettes.
- Corriger peu, mais clairement : choisir une ou deux erreurs à travailler plutôt que tout souligner en rouge.
- Séparer le fond et la forme : pour un texte libre, discuter d'abord des idées, puis corriger l'orthographe dans un second temps.
- Préserver le plaisir de lire : lire ensemble, écouter des livres audio, laisser l'enfant choisir ses lectures.
Savoir déchiffrer un mot nouveau aide aussi l'orthographe : chaque mot lu avec succès laisse une trace de sa forme écrite, ce qui facilite sa mémorisation. Notre guide pour aider un enfant dyslexique donne d'autres pistes, y compris pour parler des difficultés avec lui.
Ce qui n'aide pas
Faire recopier dix fois un mot mal orthographié, multiplier les dictées sans explication ou insister sur la lenteur de l'enfant ont peu d'effet et beaucoup de coût sur la confiance. De même, les solutions visuelles souvent proposées, comme les filtres colorés, n'ont pas fait la preuve de leur efficacité : nous l'expliquons dans notre guide sur les lunettes pour dyslexie. La dyslexie n'est pas un problème de vue, comme le montre aussi notre guide comment voit un dyslexique.
Dyslexie et dysorthographie à l'adolescence et à l'âge adulte
La dyslexie et la dysorthographie sont durables. Beaucoup d'enfants progressent nettement en précision de lecture, surtout avec une aide adaptée, mais la vitesse de lecture et l'orthographe restent souvent fragiles à l'adolescence. Au collège et au lycée, la quantité de lecture et d'écrit augmente, tout comme les langues étrangères, et des difficultés qu'on croyait dépassées peuvent réapparaître sous la pression du temps.
À l'âge adulte, de nombreuses personnes dyslexiques lisent correctement mais lentement, et gardent une orthographe peu sûre, surtout quand elles sont fatiguées ou pressées. Le correcteur orthographique, la synthèse vocale et la relecture par un tiers pour les écrits importants sont des aides simples et efficaces. Dans l'enseignement supérieur, le service handicap de l'établissement peut proposer des aménagements d'examens.
La dyslexie est aussi souvent familiale. Si un parent a eu les mêmes difficultés, cela vaut la peine d'y prêter attention tôt chez ses enfants : notre guide sur la dyslexie héréditaire fait le point sur ce que l'on sait.
Questions fréquentes
La dysorthographie est-elle toujours associée à la dyslexie ?
Pas toujours, mais très souvent. Les deux reposent en général sur la même faiblesse phonologique. Une dysorthographie sans difficulté de lecture existe, mais elle est moins fréquente ; une dyslexie sans difficulté d'orthographe est rare en français.
Qui pose le diagnostic de dyslexie-dysorthographie ?
En France, c'est l'orthophoniste qui réalise le bilan du langage écrit, sur prescription d'un médecin. Selon les situations, un bilan neuropsychologique ou un avis pluridisciplinaire peut compléter le tableau. Un test en ligne ne peut pas poser de diagnostic.
À partir de quel âge peut-on parler de dysorthographie ?
Les difficultés deviennent en général nettes après le début de l'apprentissage de l'écrit, souvent à partir du CE1 ou du CE2. Mais des signes précoces, comme une faible conscience des sons, peuvent apparaître dès la maternelle. Il est inutile d'attendre un retard important pour demander un avis.
Le bilan orthophonique est-il remboursé ?
Sur prescription médicale, le bilan et les séances d'orthophonie sont en partie pris en charge par l'Assurance Maladie, le reste étant souvent couvert par la mutuelle. Vérifiez les conditions auprès de votre caisse et de votre complémentaire.
Un enfant dysorthographique doit-il avoir un PAP ?
Ce n'est pas obligatoire, mais le PAP est le dispositif le plus courant pour formaliser les aménagements, comme une orthographe non pénalisée hors du français. Il est mis en place par l'école sur avis du médecin scolaire, sans dossier MDPH.
La dysorthographie disparaît-elle avec l'âge ?
Elle s'atténue souvent, surtout avec une aide adaptée, mais elle ne disparaît généralement pas complètement. Beaucoup d'adultes dyslexiques gardent une orthographe fragile et s'appuient sur le correcteur et la relecture.
Quelle est la différence entre dysorthographie et dysgraphie ?
La dysorthographie concerne le choix des lettres : l'enfant écrit mal les mots. La dysgraphie concerne le geste : l'écriture est difficile à former, lente ou peu lisible. Les deux peuvent coexister, et le bilan les distingue.
Les fautes d'orthographe suffisent-elles à repérer une dysorthographie ?
Non. Tous les élèves font des fautes en français. Ce qui alerte, c'est un grand nombre d'erreurs, surtout phonologiques, qui persistent malgré l'enseignement et contrastent avec un bon niveau à l'oral. Seul un bilan permet de conclure.
Sources
- Snowling MJ, Hulme C, Nation K (2020). Defining and understanding dyslexia: past, present and future. Oxf Rev Educ, 46(4), 501-513.
- Peterson RL, Pennington BF (2012). Developmental dyslexia. Lancet, 379(9830), 1997-2007.
- Ziegler JC, Goswami U (2005). Reading acquisition, developmental dyslexia, and skilled reading across languages: a psycholinguistic grain size theory. Psychol Bull, 131(1), 3-29.
- Seymour PHK, Aro M, Erskine JM (2003). Foundation literacy acquisition in European orthographies. Br J Psychol, 94(2), 143-74.
- Melby-Lervåg M, Lyster SA, Hulme C (2012). Phonological skills and their role in learning to read: a meta-analytic review. Psychol Bull, 138(2), 322-52.
- Galuschka K, Ise E, Krick K, Schulte-Körne G (2014). Effectiveness of treatment approaches for children and adolescents with reading disabilities: a meta-analysis of randomized controlled trials. PLoS One, 9(2), e89900.
- Cepeda NJ, Pashler H, Vul E, Wixted JT, Rohrer D (2006). Distributed practice in verbal recall tasks: a review and quantitative synthesis. Psychol Bull, 132(3), 354-80.
- World Health Organization. ICD-10 (2019), F81.0 Specific reading disorder.
- World Health Organization. ICD-11 for Mortality and Morbidity Statistics, 6A03 Developmental learning disorder: 6A03.0 with impairment in reading, 6A03.2 with impairment in mathematics.
À lire aussi
- Test de dyslexie gratuitSix petits jeux, à faire avec un parent à côté, repèrent les compétences sur lesquelles repose la lecture. Vous obtenez tout de suite un profil des compétences, avec une indication claire sur le moment où consulter un professionnel.
- Qu'est-ce que la dyslexie ?La dyslexie est une difficulté fréquente et durable à lire et à écrire les mots. Elle n'a rien à voir avec l'intelligence ni avec la vue, et elle progresse avec un enseignement adapté. Voici ce que dit réellement la recherche.
- Symptômes de la dyslexieLa dyslexie ne se manifeste pas de la même façon à 4, à 7 ou à 14 ans. Ce guide présente les signes à surveiller à chaque âge, ce qu'ils veulent dire, et le moment où il vaut la peine de demander un avis.
- Diagnostic de la dyslexieUn diagnostic de dyslexie repose sur un bilan complet réalisé par des professionnels qualifiés, pas sur un test unique. Voici qui consulter en France, ce qui se passe pendant le bilan, ce qui le distingue d'un dépistage, et comment s'y préparer.
- Aménagements dyslexieLes aménagements permettent à un enfant dyslexique de montrer ce qu'il sait sans que la lecture et l'orthographe fassent obstacle. Ils fonctionnent mieux en complément d'un bon apprentissage de la lecture, pas à sa place. Voici quoi demander, et comment.
- Aider un enfant dyslexiquePas besoin de formation spéciale pour faire une vraie différence. Un court entraînement phonique chaque jour, beaucoup d'histoires partagées et un dialogue clair avec l'école font l'essentiel du travail. Voici un plan à commencer dès cette semaine.
- Exercices pour la dyslexieQuatorze activités courtes à faire sur la table de la cuisine, sans matériel spécial, des sons jusqu'à la lecture de phrases entières. Choisissez-en deux ou trois dans la compétence à travailler, et pratiquez-les dix minutes par jour.
- Dyslexie chez l'adulteBeaucoup d'adultes dyslexiques lisent correctement mais lentement, et l'orthographe ne devient jamais tout à fait automatique. Voici à quoi ressemble la dyslexie à l'âge adulte, pourquoi elle passe souvent inaperçue à l'école, et ce qu'un bilan et des aménagements concrets peuvent apporter.